« Brassens ou la liberté » à la Cité de la Musique


Lundi soir, j’ai eu l’occasion d’assister au vernissage de l’expo Brassens à la Cité de la Musique. Hommage à l’auteur-compositeur-interprète sétois, le parcours proposé par les deux commissaires d’exposition, l’auteur et dessinateur Joann Sfar et la journaliste Clémentine Deroudille, s’avère à la fois original, intéressant et surprenant.

Ainsi, la scénographie de l’exposition évoque-t-elle clairement l’univers décalé et surréaliste de Sfar, proposant aux visiteurs un voyage au cœur d’une « forêt d’arbres », dévoilant petit à petit photographies, divers objets (dont plusieurs guitares), documents manuscrits, vidéos et enregistrements sonores. Subtil mélange de couleurs et de matières, certains écrins se voient couverts de voiles en tulle, donnant aux visuels exposés un effet « relief », tandis que d’autres (enfermant notamment des pages manuscrites avec des paroles de chansons, ainsi que des cartes postales) se trouvent accrochés à des supports pivotants en métal, permettant aux visiteurs de les regarder de très près.

Les dessins de Joann Sfar, évoquant avec humour et finesse des scènes de vie (réalistes ou imaginaires) de Georges Brassens, font partie intégrante du parcours et représentent de ce fait un complément ludique aux objets et photographies exposés. De même, le parcours réserve aux visiteurs plusieurs surprises « interactives » en lien avec l’artiste, qui ne plairont certainement pas qu’aux enfants 😉

Evidemment, la musique représente un élément clé de l’exposition : tandis que les archives sonores ont été rassemblées par Clémentine Deroudille, l’univers musical en tant que tel a été confié au compositeur, musicien et arrangeur Olivier Daviaud. Ainsi, à côté des chansons originales (écrites et interprétées par Brassens), un certain nombre de textes inédits ont trouvé leur place au sein de cet ensemble éclectique, mis en musique avec la participation de François Morel, Bertrand Belin, Thomas Fersen et JP Nataf. C’est avec curiosité et plaisir que l’on découvre alors ces « témoignages du passé », arborant visiblement la plume de Brassens, à travers l’interprétation de ce petit groupe d’artistes, à la fois particuliers et talentueux, de la (nouvelle) chanson française.

Tout compte fait, « Brassens ou la liberté » offre aux visiteurs un univers coloré et riche en facettes qui mélange avec aisance « passé » et « présent » et nous propose de découvrir l’artiste sous un nouvel angle. Au croisement entre personnage public et personnage privé, le Brassens, tel qu’il nous est dépeint ici, se situe au-delà de l’image rebelle de l’artiste provocateur, et gagne, par conséquent, non seulement en profondeur, mais aussi en richesse. Ainsi, l’expo Brassens se distingue-t-elle avant tout par le sens du détail et la touche d’originalité qui nous accompagnent tout le long du parcours, reflet du titre de l’exposition et de l’idée d’une certaine « liberté »… dans tous les sens du terme.

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