« Les Neiges du Kilimandjaro » de Robert Guédiguian

affiche film

Après avoir perdu son boulot suite à un tirage au sort qu’il avait organisé lui-même dans sa fonction de représentant syndical, Michel rejoint sa femme Marie-Claude dans un chômage qui a des airs de (pré-)retraite. A l’occasion du 30e anniversaire de leur mariage, le couple reçoit de l’argent en liquides et des billets d’avion pour un voyage à l’autre bout du monde. Quelques jours plus tard, Michel et Marie-Claude se font agresser chez eux…

A travers l’histoire des protagonistes, le film aborde des sujets aussi divers que l’amitié, les inégalités sociales (voire, de manière plus militante : la lutte des classes), la perte de repères, la générosité et le pardon. En ce sens, Guédiguian arrive à créer une forme de synergie positive, qui n’enlève cependant rien à la dureté des propos qui sont évoqués par moments. Lire la suite

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« Les Bien-aimés » de C. Honoré

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A l’image de sa mère Madeleine, Véra se trouve déchirée par des sentiments contradictoires et tiraillée entre deux hommes différents. Des années 1960 jusqu’aux années 2000, les temps changent et chaque époque donne un cadre différent, mais les sentiments, eux, restent les mêmes.

L’idée des relations triangulaires qui se répètent et se transmettent d’une génération à l’autre est plutôt bien trouvée, et le principe du mélange entre comédie dramatique au sens « classique » du terme et « comédie musicale » parait, au départ, plutôt alléchant… mais le résultat, lui, l’est beaucoup moins. Lire la suite

« La piel que habito » de Pedro Almodóvar

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Traumatisé par ce qui est arrivé à sa femme, victime de graves brûlures dans un accident de voiture, le chirurgien Robert Ledgard est prêt à tout pour créer – puis greffer – une peau de plus en plus parfaite, voire mieux que la peau humaine…

Entre révélations et rebondissements de situation, « La piel que habito » embarque le spectateur dans la folie dense d’un récit exubérant : au fur et à mesure que l’intrigue avance, Almodóvar arrive à créer une ambiance très particulière et limite « contagieuse », qui donne aux spectateurs l’impression d’avoir l’esprit presque aussi perturbé et embrouillé que les protagonistes. Lire la suite

« Une séparation » d’Asghar Farhadi

Lorsque sa femme Simin le quitte, Nader engage Razieh, mère au foyer à la recherche d’un emploi, pour s’occuper de son père atteint de la maladie d’Alzheimer. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l’accord de son mari, également au chômage et en grandes difficultés financières. Une dispute entre Nader et Razieh sera alors à l’origine d’un enchaînement d’évènements qui échappe progressivement au contrôle des protagonistes…

Entre le côté assez bouleversant du récit (malgré la simplicité relative de l’intrigue de base) et la profondeur des personnages (qui paraissent, chacun à sa façon, indispensable à l’ensemble), « Une séparation » s’impose comme un film riche en facettes qui capte l’attention du spectateur de la première à la dernière minute. Lire la suite

« Le Chat du Rabbin » de Joann Sfar et A. Delesvaux

affiche du film

Le rabbin Sfar et sa fille Zlabya vivent dans l’Alger des années 1920. Après avoir dévoré le perroquet, leur chat se met d’un coup à parler. Redoutant la mauvaise influence de l’animal qui a la langue bien pendue, le rabbin décide de l’éloigner de sa fille. Prêt à tout pour demeurer auprès de sa maîtresse, dont il est fou amoureux, le chat se résout à faire sa bar mitsvah et demande au rabbin de lui enseigner les fondements de la religion juive.

L’arrivée d’un peintre juif, qui a fui sa Russie natale pour échapper au pogrom qui a réduit son village en cendres, ne tardera pas à chambouler davantage les choses. A la recherche d’une Jérusalem imaginaire, habitée par des Juifs noirs, il arrive à convaincre non seulement le rabbin et son chat, mais aussi un ancien soldat du Tsar et un cheik arabe de le suivre dans sa quête. A bord d’une vielle autochenille Citroën, le petit groupe pour le moins éclectique s’apprête alors à affronter toute une série de rencontres qui mettront à l’épreuve non seulement leur persévérance face aux dangers que le voyage leur réserve, mais aussi leurs propres convictions et leur foi.

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« Minuit à Paris » de Woody Allen

affiche

Gil et sa fiancée viennent passer quelques jours à Paris, où le jeune Américain tombe très rapidement sous le charme de la Ville Lumière. Auteur de scénarios de films travaillant actuellement à l’écriture de son premier livre, Gil cultive une forme de « nostalgie » vis-à-vis des années ’20, époque clé de l’apogée de ses idoles littéraires et artistiques.

Contrairement à sa future épouse et ses parents, Gil se sent donc guère attiré par le Paris « touristique », qu’il fuit dès que l’occasion se présente. Lors d’une balade nocturne dans les rues de Paris, une vieille Peugeot s’arrête – sous les coups de minuit – juste en face du jeune Américain. Invité par les passagers à les suivre et à monter dans la voiture, Gil se retrouve, en l’espace de quelques secondes, transporté dans une autre époque : celle des années folles. Lire la suite

« pina » de Wim Wenders

Pina
Dédié à la chorégraphe allemande Pina Bausch, décédée en juin 2009, « pina » est bien plus qu’un documentaire ou un biopic. Véritable spectacle de danse, le film nous emmène dans un univers particulier, sous l’emprise de la musique et de la grâce du mouvement.

Wim Wenders nous propose alors une série de témoignages personnels, présentés par des artistes ayant travaillé sous la direction de Bausch, suivis d’extraits filmés de divers spectacles de danse produits par la chorégraphe. D’une beauté impressionnante, ces scènes nous ouvrent alors les portes d’un monde où se rencontrent la sensualité et la violence, la solitude et la foule, la peur et la joie. L’usage de la 3D ainsi que le choix des extraits musicaux (mention spéciale pour la chanson du compositeur japonais Jun Miyake, que l’on retrouve également dans la bande annonce) contribuent largement à la création de cette ambiance tout à fait particulière qui s’installe tout au long du film.

Ainsi, le spectateur se retrouve-t-il transporté au cœur du spectacle vivant, sous l’emprise des émotions exprimées par les danseurs. Tout comme les rôles qu’ils incarnent, ces derniers nous surprennent notamment par leur diversité (âge, morphologie, origine culturelle, …), qui nous prouve que la grâce et la beauté ne sont pas uniquement réservées à un certain « type » de personnes.

De ce fait, « pina » évoque également une forme de plaidoyer contre l’uniformisation et la rigidité des canons esthétiques, ce qui, dans un milieu où l’aspect visuel joue par définition un rôle primordial, semble particulièrement remarquable.